wall_eAprès une première collaboration sur FINDING NEMO, Thomas Newman retrouve le metteur en scène Andrew Stanton pour la nouvelle pépite du studio Pixar, WALL E. Pépite est effectivement le mot qui convient pour qualifier la nouvelle œuvre du studio fondé par John Lasseter, tant celle-ci regorge de poésie, d'humour, de fantaisie et s'adresse à un large public sans prendre ce dernier pour un imbécile, ce qui, en ces temps de cynisme affirmé, est plutôt une chose rare. Dans ce contexte, Thomas Newman ne renouvelle pas d'un iota le style si particulier qui caractérise sa musique depuis ses débuts: comme à l'accoutumée, l'orchestre se retrouve assorti d'instruments tous plus bizarres les uns que les autres (épinette des Vosges, en français dans le texte, télégraphe, flapamba, hidden zither,...) et les gimmicks du compositeur apparaissent dès les premières minutes. Pourtant, si le côté répétitif et interchangeable d'un nombre trop important de ses musiques a vite lassé les amateurs, force est de constater que pour WALL E, Thomas Newman est parvenu à créer un univers musical propre au film et ce, grâce à des motifs récurrents fluides et bien définis pour les personnages et les principales situations ainsi qu'à un mélange parfaitement maîtrisé entre les instruments étranges évoqués plus haut et l'orchestre.

newmanTour à tour légère, mélancolique, comique, romantique, clinquante grâce à une puissante de cuivres, la musique de Thomas Newman sert les images avec intelligence, en dynamisant l'action au lieu de la commenter au premier degré. L'album s'écoute quant à lui d'une traite, quand bien même on regrettera que certaines idées intéressantes n'aient pas fait l'objet de développements plus accrus (le côté très Burt Bacharach de "First Date", le thème de Eve, la parodie de spot publicitaire de "BNL",...). Néanmoins, le cd met en valeur toute la richesse et l'intelligence d'écriture dont a fait preuve Thomas Newman qui semble avoir trouvé en WALL E un regain d'inspiration que l'on n'espérait plus.

Raphaël Tchelebi

English Version

After a successfull collaboration on FINDING NEMO, composer Thomas Newman reunites a second time with director Andrew Stanton for the new Pixar master feature WALL E. The movie is full of poetry, humor and fantasy and can touch a large audience without thinking it's stupid, which, in these times of cynism, is very rare. In this context, Thomas Newman doesn't make any revolution in the particular style for which he is so well-known since the beginning of his career: as always, many strange instruments such as epinette des Vosges, telegraph, flapamba, hidden zither and many more are integrated into the traditional symphonic orchestra and the composer's gimmicks are here from the first minutes of the score. These repetitive figures became very boring for many film music aficionados but, with WALL E, we must admit that Thomas Newman has created a proper musical universe, thanks to recurring and very polish motives for the main characters and situations and a sucessful mix beetween the "strange" instruments and the orchestra. Made of lightness, melancholy, romance, humor and grandeur with a powerful brass section, the score serves the picture with great intelligence. The album is an excellent listening experience, showing all the subtlety and intelligence of Thomas Newman's writing for this motion picture. We can regret that some interesting musical ideas (the Burt Bacharach aspect of "First Date", the theme for Eve, the advertising parody of "BNL",...) don't have more developments. But with WALL E, Thomas Newman seems to have found a new inspiration and the soundtrack album is an excellent presentation of this job.

Raphaël Tchelebi