09 décembre 2009
Un AVATAR dans le casque
Mise en ligne en streaming légal sur le site de MusicMe, la musique de James Horner pour le nouveau film de James Cameron n'a pas fini de déclencher les passions tant son compositeur est adulé par les uns et littéralement conspué par les autres: les premiers crient quasiment à chaque fois au génie tandis que les autres reprochent l'auto-pompage fréquent de travaux plus anciens, une simplification des structures orchestrales et des citations entières du répertoire classique jamais créditées. AVATAR ne va pas changer la donne quant aux querelles de chapelle autour du musicien car il ne s'agit ni plus ni moins que d'une oeuvre purement hornerienne: en effet, malgré des emprunts plus qu'évidents à ses confrères ou à lui-même, James Horner possède un style bien à lui qui aujourd'hui le distingue sans difficulté de ses nombreux collègues alignant les musiques impersonnelles au kilomètre. Dès l'ouverture de l'album, nous savons qui est le compositeur. Mais qu'en est-il des qualités (ou des défauts) de ce nouvel opus? S'appuyant sur un mélange éprouvé de sonorités électroniques, ethniques intégrées à un grand orchestre (dont une large section percussive) et à des choeurs, Horner ne révolutionne pas son écriture mais livre une partition soignée, efficace et agréable à l'écoute. On retrouve plusieurs fois le fameux motif sur 4 notes de la Mort ainsi que des citations horneriennes provenant de GLORY, TITANIC ou le plus récent APOCALYPTO. Reste que l'auto-pompage demeure dans l'ensemble assez discret pour ne pas gâcher le premier plaisir de l'écoute et que le travail sur les parties vocales et les percussions s'avère d'excellente facture. En l'état, l'album passe plutôt bien, exception faite de la chanson finale qui tombe comme un cheveu sur la soupe et casse l'harmonie d'ensemble émanant de la musique: le marketing a encore frappé! Mais des questions classiques demeurent en suspens: qu'en est-il de la musique dans le film? Que ressortira t-il des écoutes attentives et répétées de l'album fixé sur cd? Tout ceci mérite une analyse approfondie pour laquelle nous vous donnons rendez-vous après le 16 décembre, date de la sortie française du film.
Raphaël Tchelebi
Un AVATAR sur la toile
La musique de James Horner pour le film AVATAR de James Cameron est d'ores et déjà en écoute en streaming légal sur le site Music Me qui la propose également en téléchargement payant.
Lien vers l'album:
19 novembre 2009
HARMONIES ET CONTREPOINTS A TOULOUSE
Le colloque "Musique et Cinéma: harmonies et contrepoints" se tiendra à l'Institut Catholique de Toulouse, salle Tolosa, les 18 et 19 décembre 2009. Structuré en plusieurs conférences faisant appel à des chercheurs étudiant le rôle de la musique dans le film et de la musique de film ainsi qu'à des musicologues et des professionnels du cinéma, il s'articulera autour de 3 axes principaux:
- le film musical et ses liens avec le contexte artistique d'une culture, d'une époque
- la musique d'accompagnement et son rôle narratif
- la composition originale comme fruit d'une collaboration entre le compositeur et le réalisateur.
En voici le programme détaillé qui balaie un large champ chronologique et géographique:
Vendredi 18 décembre 2009
9h Ouverture du colloque par Mgr Pierre Debergé, Recteur de l’Institut catholique de Toulouse
Temporalité et Tempo
9h30-12h30
Modérateur : Gérard Dastugue
Duarte Mimoso-Ruiz « Contrepoint : punctum visuel (les photos de famille) et musical (Chanson n°6 de Federico Mompou) dans Cría cuervos (1974) de Carlos Saura
Séverine Abhervé A l’écoute du film De Beaux Lendemains (Atom Egoyan, 1997) compositeur Mychael Danna)
Virginie Lupo La musique chez Robert Bresson
Pause
Bernadette Rey Mimoso-Ruiz Musique et mémoire : la fin d’un monde. Jalsaghar (Le Salon de musique, Satyajit Ray, 1958)
Franck Ferraty The Hours de Stephen Daldry : l’envers du temps
Rencontres
14h-15h30
Modérateur : Philippe Gonin
Alexandre Tylski L’art du générique de film chez John Williams
Cécile Carayol : De battre mon coeur s'est arrêté : illustration d'une nouvelle forme de symphonisme dans le cinéma français actuel.
Jérôme Rossi : La rhétorique néo-baroque dans la musique de film de Georges Delerue : un fécond anachronisme
Pause
Musique de l’intime et de la transgression
16h-17h30
Modérateur : Duarte Mimoso-Ruiz
Renaud Lagabrielle : La musique adoucit les mœurs. Transgressions sexuées et sexuelles dans les films musicaux espagnols 20 centimetros et Los dos lados de la cama.
Phil Powrie : Le gender et la musique dans les fictions patrimoniales depuis les années 1980 : le cas de la musique en début de séquence
Claudine Le Pallec Marand : La musique au cinéma est-elle une affaire de morale ?
Samedi 19 décembre 2009
Expériences musicales
9h-12h
Modérateur : Jérôme Rossi
Gérard Dastugue : Frontières et porosité de la bande-son. Problème(s) de genres.
David Marron : Décasia du cinéaste Bill Morrisson et du compositeur Michael Gordon ou l’art d’un cinéma musical de la décomposition
Carol Gouspy : Musique et cinéma : Erik Satie se relâche-t-il avec l’Entracte cinématographique du ballet Relâche ?
Pause
Modérateur : Alexandre Tylski
Emmanuelle Bobée : David Lynch et Angelo Badalamenti : le tout et la somme des parties
Nathalie Bettinger : Orchestrations musicales. Le cinéma de Wong Kar-wai
Le film (en)chanté
14h-16h30
Modérateur : Phil Powrie
Natalia Laranja : La musique : ouverture vers l’onirisme dans Dancer in the Dark de Lars von Trier
Philippe Gonin : De Steamboat Willie à Bugs Bunny, construction des archétypes de la musique de cartoon à travers les œuvres de Carl Stalling et Scott Bradley
Pause
Laure-Hélène Sacco : L’opéra à l’épreuve de l’image mobile : le film d’opéra
Francesca Vitale : Image musicale d’un roman populaire. Le Fantôme de l’opéra
Conclusion
Le prix d'entrée est de 20€ pour les 2 journées et de 15€ pour une journée. Les étudiants et les demandeurs d'emploi bénéficient de la gratuité.
Institut Catholique de Toulouse, 31 rue de la Fonderie, 31000 Toulouse, Métro Carmes ou Palais de Justice
18 novembre 2009
UN COMPOSITEUR ARME
CINQ HOMMES ARMES est un western agréable à suivre. Réalisé par le faiseur Don Taylor et interprété notamment par Peter Graves et Bud Spencer, il narre les aventures de cinq hors la loi cherchant à attaquer le train transportant l'or destiné à l'armée mexicaine. On ne trouve rien de nouveau sous le soleil scénaristique mais les nombreuses références à MISSION: IMPOSSIBLE, aux SEPT MERCENAIRES et à la saga des James Bond rendent le métrage sympathique à défaut d'être marquant. En pleine phase créative, Ennio Morricone n'a cependant manqué d'inspiration pour mettre cette bande en musique et l'a prouvé en délivrant une partition généreuse et maîtrisée de bout en bout. Appuyé par Bruno Nicolai à la direction d'orchestre, la toujours impressionnate chorale mixte I Cantori Moderni di Alessandroni et des musiciens d'orchestre au taquet, le compositeur transalpin tape dans le mille, qu'il s'agisse de mettre en valeur l'héroïsme des cinq hommes armés par le biais d'un impressionnant thème principal ("Cinque Amici, Cinque Eroi") donnant la part belle aux cuivres et aux choeurs ou les aspects plus dramatiques du récit concrétisés par une mélodie au lyrisme mélancolique ("Muerte Donde Vas?") mettant là encore les choeurs en avant. Les moments de suspense et d'action ne sont pas oubliés avec respectivement un thème dissonant ("Contro Il Tempo") donné aux vents et un thème d'action ("Una Cosa Disperata") où le compositeur déploie savamment l'ensemble de l'orchestre. Par ailleurs, Ennio Morricone convie la guitare acoustique, dont l'emploi enrichit subtilement l'ensemble de la palette musicale.
Si l'on retrouve les sonorités habituelles d'Ennio Morricone pour le western, il n'en demeure pas moins que la recette dynamise pertinemment l'action en cours et que l'écoute hors film s'avère régulièrement entêtante, notamment lors des apparitions du thème principal, l'un des meilleurs morceaux que le compositeur ait pu écrire pour le genre. Les interventions parfois magistrales des I Cantori Moderni donnent également beaucoup de teneur à l'ensemble de la musique, particulièrement lors des déclinaisons de "Muerte Donde Vas?".
Edité en version intégrale par Film Score Monthly, l'album est en tous points irréprochable et efface toutes les précédentes versions cd qui ne proposaient que le reflet du vinyl couché dans un son plus que douteux. Le remastering a permis de rendre la mono cristalline et, comme à l'accoutumée, le livret accompagnant la galette se révèle riche en notes sur le film et sa musique ainsi qu'en photos et affiches. Les amateurs d'Ennio Morricone et de westerns italiens ont trouvé là un objet incontournable.
Raphaël Tchelebi
08 novembre 2009
Nouveau forum de TRACKZONE
Devenu blog depuis plus d'un an, TRACKZONE est également à compter de ce jour un forum où vous pourrez discuter de musiques de films, de cinéma, de télévision et de métal. Le but est de discuter en toute convivialité de sujets divers et variés. Alors, n'hésitez pas à vous inscrire! Vous êtes toutes et tous les bienven(u)es ici: http://trackzone.forumactif.com
A très vite sur TRACKZONE le forum qui contiendra notamment toutes les mises à jour du blog!
05 novembre 2009
LE BLOOD SE BARR
Le nom de Nathan Barr n'évoque pas grand-chose pour la population béophile: tout juste le connaît-on pour sa collaboration avec le réalisateur Eli Roth sur CABIN FEVER et les deux HOSTEL et l'adaptation cinématographique de la série THE DUKES FROM HAZZARD (SHERIF, FAIS MOI PEUR! en français). Mais cela n'empêche pas de le considérer comme un musicien efficace voir doué, comme le prouve sa participation à la nouvelle série horrifique produite par HBO et créée par Alan Ball: la très saignante TRUE BLOOD. Là où l'on aurait pu attendre un travail recyclant les clichés habituels de l'horreur, à savoir, dissonances à tous les étages, sound design massif, etc..., Nathan Barr prend le contrepoint inattendu des images et livre une musique tout en finesse flirtant avec la bluegrass, l'americana et le romantisme. On pense parfois au récent TWILIGHT de Carter Burwell mais le compositeur trouve sa propre voie en ne convoquant aucun orchestre mais en se limitant à une petite formation faisant la part belle à la guitare sèche, au violon et au piano. Il y a de jolis motifs mélodiques structurant des ambiances intimistes et mélancoliques à peine perturbées par de ponctuelles dissonances, bref, rien de révolutionnaire sous le soleil, mais le travail de Monsieur Barr est suffisamment soigné pour que l'on y puisse y jeter une oreille attentive et ne pas bouder son plaisir. Le musicien joue lui-même de tous les instruments et se voit accompagné l'espace de 3 titres par la ravissante et talentueuse Lisbeth Scott. Les fans de la série seront ravis d'avoir cette galette dans leur platine cd favorite tandis que les autres découvriront peut-être un compositeur pour l'image qui, on l'espère, apportera un peu de sang neuf à nos chères bandes sonores.
Raphaël Tchelebi
29 octobre 2009
TRAXZONE EST MORT, VIVE TRACKZONE!
Bonjour à toutes et à tous!
Depuis plus d'un an, nous nous efforçons de faire vivre au mieux l'esprit Traxzone au travers de ce blog et nous vous avions expliqué que cet outil serait installé dans l'attente de pouvoir créer une nouvelle version de notre site que nous avions dû fermer en juillet 2008, devant la recrudescence de problèmes techniques devenant ingérables au regard de nos ressources. Il a fallu nous rendre à l'évidence. Arnaud Damian, fondateur et webmaster de Traxzone, n'a plu le temps nécessaire pour se consacrer à la lourde tache de mise en chantier d'un nouveau site, ce que nous comprenons et respectons pleinement. Par ailleurs, d'autres membres clés de l'équipe, Gérard Dastugue et Pascal Knoerr, rédacteurs en chef et administrateurs, ont souhaité partir vers d'autres horizons tout en restant très liés au monde de la musique de films après 10 ans de pleine investigation dans l'aventure traxzonienne et, là encore, nous ne pouvons que respecter ce choix. Autre fait important: le reste de l'équipe de rédaction n'a pas les compétences nécessaires pour monter un site Internet. Quand bien même les logiciels Open Source permettent à chacun d'entre nous de créer sa page voire son site web, ils demandent un savoir-faire que nous n'avons pas. Enfin, faire appel à un prestataire de service professionnel demande des moyens financiers que nous n'avons pas (je rappelle que nous sommes tous des bénévoles).
Les conséquences à en tirer sont claires: nous ne pouvons en l'état substituer une nouvelle version de Traxzone à celle qui existait et préférons annoncer, à regret, la mort du site auxquels vous vous étiez habitués depuis 1998. Cependant, la défaite et l'abandon ne sont pas des sentiments qui envahissent l'équipe de rédaction restant en place. S'il ne nous est pas possible de vous livrer un nouveau site, il est par contre logique de continuer à nous exprimer sur ce blog que nous allons alimenter le plus régulièrement possible en contenu. Cependant, garder tel quel le nom "Traxzone" pose un problème d'éthique dans la mesure où le rédactionnel qui figurait sur un site est désormais sur un blog. Mais, on l'a dit au début de ce texte, il existe bel et bien un esprit Traxzone, d'où l'idée de baptiser notre blog "Trackzone" en remplaçant simplement le x par ck et marquer ainsi la différence de support et d'équipe mais aussi la continuité de notre passion pour la musique de films.
Nous ne préférons pas vous promettre l'ouverture prochaine d'un nouveau site car nous ne savons pas quand nous ne pourrons le mettre en place, ni si cela nous sera possible, d'où notre choix de confirmer jusqu'à nouvel ordre le maintien du blog et son alimentation régulière. Afin de ne pas perdre la mémoire de Traxzone, nous allons ouvrir prochainement une section intitulée "Les Archives de Traxzone" sur laquelle nous publierons au fil de l'eau quelques unes des publications clés ayant fait les beaux jours du site.
Traxzone est mort, vive Trackzone!
Raphaël TCHELEBI
Micmacs à tire-larigot : Beau + Steiner = ?!
Le film de Jean-Pierre Jeunet vient d’arriver sur les écrans. La BO éditée par Milan est disponible depuis quelques jours. Et c’est un bien curieux objet, puisque la musique drôle, légère et habilement conçue de Raphaël Beau est mise en parallèle avec celle du grand Max Steiner, « le » compositeur hollywoodien par excellence, celui qui plus que tout autre a défini les règles du genre : orchestre plantureux, grandes phrases hyperlyriques et cuivres sonores à la Puccini. Il en résulte une juxtaposition qui peut surprendre au premier abord, mais qui finalement contribue à mettre en évidence les codes et les clauses de style propres à chacune des deux esthétiques.
Raphael Beau, jeune compositeur dont c’est la première musique de film, a écrit une partition aux échos à la fois populaires et contemporains, où le piano et l’accordéon tiennent une place centrale.
Côté Steiner, on trouve plusieurs extraits des musiques du Grand sommeil, un des archétypes du polar, réalisé en 1946 par Howard Hawks, et de La Charge de la brigade légère, bel exemple du cinéma héroïque de la grande époque. Ici utilisée dans un registre décalé voire ironique, la musique du grand Max fonctionne toujours aussi bien, ses effets et ses ambiances étant passés depuis longtemps dans la culture courante du spectateur de cinéma, via soixante ans de musique de film américaine.
Avec l’appui du conseiller musical Edouard Dubois, Jeunet a choisi d’intégrer ces extraits sur les séquences d’actions de son film, comme pour en souligner la dimension de spectacle à l’artifice assumé (la fantaisie des décors et des situations participe du même propos).
Il est d’ailleurs amusant de noter qu’à l’écoute on finit par se demander qui a composé quoi (sur la plage 18 – Pont de Crimée).
En prime, une chanson délicieusement datée -d’autres diront ringarde- de Dario Moreno, gloire de la chanson latino des années 50, dont la parfaite diction « à l’ancienne » et la conviction sidérante font paradoxalement passer le (si léger) ridicule du texte.
Au final, un disque inattendu mais dont l’écoute se révèle assez homogène (surtout si on a vu le film) et un jeune compositeur à suivre.
Stéphane Abdallah
MICMACS A TIRE-LARIGOT, musique originale de Raphaël Beau – musique additionnelle de Max Steiner – Editions Milan
22 septembre 2009
Legrand revisite ses classiques
C’est d’abord un bel objet que nous offre ici le label français Naïve. Booklet au design soigné, livret volumineux et prise de son flatteuse. Côté contenu, cinq suites symphoniques de certaines des plus fameuses partitions de Michel Legrand pour le cinéma: Les parapluies de Cherbourg, Un été 42, Le messager, Yentl et Peau d'âne, auxquelles s'ajoutent une suite du Passe-muraille (1997) et des arrangements de West Side Story, Porgy and Bess et L’opéra de quat’sous.
Certes, il s'agit là de musiques pour la plupart bien connues, mais un élément de nouveauté s'y ajoute ici, puisque toutes les partitions ont été réarrangées pour harpe solo et orchestre. Sorte d'homage du compositeur à son épouse, la harpiste Catherine Michel, qu'il accompagne ici à la direction d’orchestre.
Pour tous ceux qui apprécient la grâce et la fluidité mélodique, sans oublier les cascades de violons, qui caractérisent son style, ce sont deux heures de bonheur. Hormis quelques passages un peu plus tendus du Messager, tout ici respire le lyrisme, parfois nostalgique (Un été 42), agrémenté de clins d'oeil au baroque (Le messager, Peau d’âne) ou à Broadway (Yentl).
Plus inattendue, la suite tirée de la comédie musicale Le passe-muraille, créée en 1996 (avec la complicité de Didier Van Cauwelaert). Très enlevée et pleine de bonne humeur, cette musique regarde parfois ouvertement du côté de la variété. A son écoute, on se prend de nostalgie pour une certaine forme de musique symphonique légère, qui n’existe plus guère aujourd’hui.
Par son inspiration mélodique inépuisable et son savoir faire, Legrand se montre en effet le digne hériter des meilleurs compositeurs de musique légère ou de musicals (de Gilbert et Sullivan à Gershwin). Comme eux, il possède le sens d’un discours musical qui parle directement et l’art de capter dès la première écoute l’attention de l’auditeur.
Le coffret est complété, de manière un peu surprenante, par des extraits de comédies musicales signées d’autres compositeurs, et pas des moindres : L’opéra de quat’sous de kurt Weill, Porgy and Bess de Gershwin et West Side Story de Leonard Bernstein.
Certes, ces trois oeuvres "hybrides" sont proches du musical (encore que Porgy soit généralement considéré comme un opéra), mais étant donné la pléthore de reprises et de réarrangements qui leur ont été consacrés dans tous les styles, un peu plus de Legrand (en allant chercher par exemple dans ses partitions moins connues) aurait été tout aussi bienvenu.
Sur un plan purement musical, la seule chose que l’on pourrait reprocher à ce double album, c’est peut-être un relatif manque de variété : la formule harpe et orchestre tend à créer souvent les mêmes climats. De même les orchestrations pourront sembler parfois assez uniformes. Mais la musique de Legrand donne une telle impression de facilité qu’elle ne fatigue jamais l’oreille !
Musicales Comédies, Catherine Michel - harpe, Michel Legrand - direction d'orchestre, Coffret 2 cd édité par Naïve.
Stéphane Abdallah
02 septembre 2009
L'age d'or de la musique de films sur Arte
Arte diffusera ce jeudi 3 septembre 2009 à 22h25 un documentaire intitulé "L'age d'or de la musique de films (1965-1975)". Réalisé par Thierry Jousse et Nicolas Saada, deux spécialistes, le film se propose de démontrer comment des compositeurs comme John Barry, Lalo Schifrin ou Quincy Jones ont révolutionné le monde de la musique pour l'image. On espère que des compositeurs moins connus du grand public comme Jerry Goldsmith ne seront pas oubliés.
Raphaël Tchelebi